Batterie virtuelle MyLight : fonctionnement, tarifs et limites en 2026

Batterie virtuelle MyLight : ampoule verte illustrant le surplus solaire stocké virtuellement

La batterie virtuelle MyLight revient sans cesse dans les questions de nos clients depuis la réforme du 5 juin 2026. La raison est simple : le surplus injecté sur le réseau n’est plus racheté que 1,1 c€/kWh, contre 0,2001 €/kWh payés pour l’électricité achetée. Revendre son surplus ne rapporte donc quasiment plus rien, et l’idée de « mettre ses kWh de côté » pour l’hiver devient soudain très séduisante.

FreXolaire est installateur RGE QualiPV, pas revendeur d’abonnements d’énergie. Notre travail ici consiste à vous expliquer la batterie virtuelle MyLight sans vous la vendre : comment elle fonctionne, ce qu’elle coûte, à qui elle convient, et dans quels cas elle ne vaut objectivement pas le coup.

Qu’est-ce que la batterie virtuelle MyLight, exactement ?

Premier point, et il est décisif : il n’y a aucune batterie. Le stockage virtuel ne stocke rien physiquement. Photovoltaique.info l’écrit sans détour : « il n’y a donc aucune différence technique au niveau de l’installation par rapport à un système photovoltaïque en autoconsommation avec vente du surplus ».

Votre surplus part sur le réseau, comme chez tout le monde. Les kWh que l’on vous « restitue » plus tard viennent eux aussi du réseau. Entre les deux, il n’y a qu’une ligne comptable chez votre fournisseur. La batterie virtuelle MyLight est donc un mécanisme de comptabilisation commerciale, pas un équipement.

Précision de vocabulaire : la marque est aujourd’hui mylight150, l’entreprise ayant longtemps porté le nom de MyLight Systems. Si un commercial vous parle encore de « MyLight Systems », c’est de la même société qu’il s’agit.

Un fournisseur d’électricité, pas un simple prestataire

Point souvent passé sous silence lors du démarchage : mylight150 est un fournisseur d’électricité. Souscrire MyBattery ou MySmartBattery impose donc de souscrire aussi son contrat de fourniture. Vous ne conservez pas EDF, Engie ou votre fournisseur actuel. La batterie virtuelle MyLight est indissociable d’un changement de fournisseur : c’est un choix structurel, pas une option annexe.

Batterie virtuelle MyLight — illustration

Comment fonctionne concrètement la batterie virtuelle MyLight

Le cycle de la batterie virtuelle MyLight se déroule en quatre temps, et chacun a des conséquences financières.

  • Autoconsommation directe. Ce que vous consommez au moment où vous le produisez ne passe par aucun compteur de vente. C’est le kWh le plus rentable : il vaut 0,2001 €.
  • Injection du surplus. Le surplus part sur le réseau et est crédité sur votre compteur virtuel, en kWh et non en euros.
  • Restitution. Quand vous consommez plus que vous ne produisez, le fournisseur déduit les kWh de votre stock virtuel au lieu de vous les facturer au prix plein.
  • Facturation des composantes obligatoires. Le kWh restitué n’est pas gratuit : il transite par le réseau public, donc il supporte l’acheminement et la fiscalité.

C’est ce quatrième point qui décide de la rentabilité de la batterie virtuelle MyLight. Photovoltaique.info est catégorique : « le consommateur doit s’acquitter des taxes et contributions sur les kWh issus de la batterie virtuelle […] ainsi que du TURPE puisque ces derniers sont acheminés par le réseau ». Sont concernés l’accise sur l’électricité — qui a absorbé les anciennes taxes locales — et le tarif d’utilisation des réseaux.

Combien coûte réellement la batterie virtuelle MyLight en 2026

mylight150 publie ses tarifs, ce qui est à porter à son crédit : beaucoup d’acteurs ne le font pas. Deux formules de batterie virtuelle MyLight coexistent, et elles ne se facturent pas de la même manière.

MyBattery : stockage illimité, facturation à la restitution

PosteMontant TTC
Frais d’activation (une fois)279 €
Abonnement mensuel1,20 € par kWc installé
Acheminement (par kWh restitué)0,05988 €
Accise sur l’électricité (par kWh restitué)0,03674 €
Certificats d’économies d’énergie (par kWh restitué)0,01200 €
Total par kWh restitué0,10862 €

Grille publiée par mylight150, applicable au 1er août 2026. Pour 6 kWc, cela donne 7,20 € d’abonnement mensuel, plus 0,10862 € par kWh restitué.

Une précision qui évite un contresens : la ligne « certificats d’économies d’énergie » n’est pas une aide, c’est l’inverse. mylight150 est entrée dans le dispositif CEE comme fournisseur obligé et en répercute le coût. Le photovoltaïque résidentiel, lui, reste inéligible aux CEE.

MySmartBattery : capacité contractuelle, abonnement forfaitaire

La seconde formule de batterie virtuelle MyLight fonctionne par paliers de capacité. Frais d’activation identiques (279 € TTC), puis :

CapacitéAbonnement mensuel TTC
20 kWh12,99 €
100 kWh16,99 €
300 kWh26,99 €
600 kWh34,99 €
900 kWh39,99 €
1 200 kWh44,99 €
1 800 kWh56,99 €
3 000 kWh89,99 €
5 000 kWh134,99 €
10 000 kWh214,99 €

Grille applicable au 1er août 2026 également. Différence importante : mylight150 présente cet abonnement comme « tout compris », et il n’a pas été touché par la répercussion des CEE de mai 2026. Nous n’avons toutefois trouvé aucun document détaillant ce que recouvre ce forfait : demandez-le par écrit.

Conditions d’éligibilité à la batterie virtuelle MyLight

  • Votre gestionnaire de réseau doit être Enedis : régies locales et entreprises locales de distribution sont exclues.
  • La puissance souscrite de votre compteur ne doit pas dépasser 36 kVA.
  • Le contrat de fourniture mylight150 est obligatoire pour accéder à la batterie virtuelle MyLight.
  • Durée d’engagement, préavis et frais de résiliation ne figurent pas dans les documents publics consultables : faites-les préciser avant de signer.
Photographie d illustration : Batterie virtuelle MyLight

Le calcul honnête : ce que rapporte la batterie virtuelle MyLight

Prenons une installation FreXolaire de 6 kWc en Île-de-France, soit environ 6 600 kWh par an (1 100 kWh/kWc). Deux profils de foyer, avec le tarif bleu à 0,2001 €/kWh et un surplus racheté 1,1 c€/kWh.

Pavillon éclairé à la tombée de la nuit
Pavillon éclairé à la tombée de la nuit
ProfilSans pilotage (45 % d’autoconsommation)Avec pilotage (75 % d’autoconsommation)
Surplus annuel injecté3 630 kWh1 650 kWh
Revenu en vente EDF OA40 €/an18 €/an
Économie brute en stockage virtuel
(0,2001 − 0,10862 € par kWh)
310 €/an141 €/an
Abonnement MyBattery (1,20 €/kWc/mois)− 86 €/an− 86 €/an
Gain net annuel≈ 224 €≈ 55 €
Avantage réel face à la vente EDF OA≈ 184 €/an≈ 37 €/an
Délai d’absorption des 279 € d’activation≈ 1 an et demi≈ 7 ans et demi

Ce tableau dit deux choses opposées, et les deux sont vraies. Sur un foyer qui autoconsomme peu, la batterie virtuelle MyLight transforme 40 € de revente en environ 224 € d’économies, et les frais d’activation sont absorbés en un an et demi.

Sur un foyer déjà bien piloté, l’avantage net face à la simple vente du surplus tombe sous les 40 € par an. Il faut alors environ sept ans et demi rien que pour rentrer dans ses frais d’activation. Mieux vous pilotez votre installation, moins la batterie virtuelle MyLight vous apporte. C’est mécanique, et aucun commercial ne vous le dira.

Deux hypothèses restent à vérifier : que la totalité des kWh injectés soit récupérée dans l’année, et que le prix du kWh du contrat mylight150 soit comparable au tarif bleu. S’il est plus cher, l’écart se referme, voire s’inverse.

Et le retour sur investissement de l’installation ?

Avec une installation 6 kWc à 9 300 € TTC (TVA à 5,5 %), 75 % d’autoconsommation pilotée représentent environ 960 € d’électricité non achetée chaque année. Avec une hausse du prix de l’électricité de 5 %/an, l’amortissement se situe autour de 8 ans. La batterie virtuelle MyLight améliore ce résultat à la marge ; le moteur reste l’autoconsommation, comme le détaille notre analyse de ce que rapportent réellement des panneaux solaires.

Les cinq limites de la batterie virtuelle MyLight

1. Vous perdez le tarif d’achat EDF OA

C’est sans appel. Selon photovoltaique.info, l’autoconsommation avec stockage virtuel « ne permet pas de percevoir de prime à l’autoconsommation » ni de tarif rémunéré au titre de l’obligation d’achat. Souscrire la batterie virtuelle MyLight, c’est donc renoncer au contrat d’obligation d’achat : les deux sont exclusifs l’un de l’autre.

Depuis la fin de la prime à l’autoconsommation, ce renoncement coûte peu : à 1,1 c€/kWh sur vingt ans, indexé +2 %/an, on abandonne quelques dizaines d’euros par an. Mais les installations dont la demande de raccordement a été déposée avant le 5 juin 2026 conservent leurs droits acquis et souvent un tarif d’achat historique bien plus élevé. C’est la date de dépôt qui fait foi, pas celle de la mise en service.

2. Le prix de restitution est révisable en cours de contrat

mylight150 en a fourni elle-même l’illustration : au 18 mai 2026, son entrée dans le dispositif des Certificats d’Économies d’Énergie a fait passer le tarif de restitution MyBattery de 0,0951 € à 0,1071 € TTC par kWh. Soit environ +12,6 % sur ce poste précis — pas sur la facture entière, mais sur la variable dont dépend toute la rentabilité.

Le TURPE, lui, est révisé chaque année indépendamment de votre fournisseur : la Commission de régulation de l’énergie a fixé sa hausse à +3,04 % sur la distribution au 1er août 2026. Aucune rentabilité de la batterie virtuelle MyLight ne peut donc être garantie sur vingt ans.

3. Aucune sécurité en cas de coupure

La formulation de photovoltaique.info est sans ambiguïté : « en cas de défaillance du réseau, la batterie virtuelle ne pourra en aucun cas assurer l’approvisionnement en électricité ». La batterie virtuelle MyLight n’apporte donc aucune autonomie. Si votre objectif est la résilience, c’est une batterie physique avec fonction de secours qu’il vous faut, pas une ligne comptable.

4. Le risque de contrepartie est documenté

Votre stock de kWh n’est qu’une créance sur une entreprise. Le cas JPME l’a rappelé brutalement. Par un arrêté du 13 janvier 2026, publié au Journal officiel le 15 janvier, le ministre chargé de l’énergie a retiré à la société Actelios Solutions — qui commercialisait l’offre JPME — son autorisation d’achat d’électricité pour revente, avec effet au 22 janvier 2026. Le motif retenu est l’insuffisance de ses capacités économiques et financières ; le médiateur national de l’énergie avait alerté dès septembre 2024.

Deux enseignements. JPME commercialisait une batterie virtuelle présentée comme sans limite de capacité : un argument séduisant ne dit rien de la solidité de celui qui le porte. Surtout, les clients consommateurs ont basculé d’office chez le fournisseur de secours, sans coupure ; les producteurs, eux, ont dû retrouver un acheteur en urgence. Propriétaire de panneaux, vous êtes dans la seconde catégorie. Le dossier reste consultable sur energie-info.fr. Ce précédent ne dit rien de mylight150 ; il rappelle que le risque de contrepartie existe, ici comme chez tout concurrent.

5. Ce que rappelle l’ADEME

L’ADEME qualifie le stockage virtuel de mécanisme contractuel purement comptable : l’électricité non autoconsommée est immédiatement injectée sur le réseau et n’est jamais physiquement restituée au domicile. Le fournisseur vous accorde seulement le droit de consommer plus tard une quantité équivalente à tarif réduit. L’agence renvoie vers le médiateur national de l’énergie en cas de litige. Ces réserves valent pour la batterie virtuelle MyLight comme pour toutes ses concurrentes.

Illustration : Batterie virtuelle MyLight

À qui la batterie virtuelle MyLight convient-elle ?

Notre lecture, en tant qu’installateur et non revendeur :

  • Plutôt pertinent pour un foyer à fort surplus estival et forte consommation hivernale (chauffage électrique, pompe à chaleur), dont la demande de raccordement est postérieure au 5 juin 2026.
  • Plutôt pertinent pour une résidence secondaire qui produit l’été et consomme peu, sous réserve des règles de conservation du stock.
  • Peu pertinent si vous autoconsommez déjà 70 % ou plus grâce au pilotage : l’abonnement absorbe l’essentiel du gain.
  • Déconseillé avec un contrat d’obligation d’achat antérieur à juin 2026 à tarif élevé.
  • Inadapté si votre objectif est de vous éclairer pendant une coupure : voyez notre comparatif des batteries solaires.

Les questions à poser avant de signer

Nous voyons passer beaucoup de contrats signés en démarchage dont le client n’a compris ni le périmètre ni le coût. Avant de souscrire une batterie virtuelle MyLight, exigez par écrit :

  • Le prix du kWh du contrat de fourniture, comparé à votre tarif actuel.
  • Le détail de chaque composante facturée sur le kWh restitué, formule par formule.
  • Les modalités de révision de ce prix et le préavis applicable.
  • La durée de validité des kWh stockés. Photovoltaique.info signale que dans certaines offres « la batterie est automatiquement vidée selon des périodes définies contractuellement ».
  • Le sort du solde de kWh en cas de résiliation ou de changement de fournisseur.
  • La durée d’engagement réelle, les frais de résiliation et le préavis.

Une dernière chose : aucune offre de stockage virtuel ne donne droit à une aide publique. Le photovoltaïque n’est éligible ni à MaPrimeRénov’, ni aux CEE, ni à un crédit d’impôt, et la prime à l’autoconsommation est supprimée pour toute nouvelle demande depuis le 5 juin 2026. Seule la TVA à 5,5 % sur l’installation (≤ 9 kWc, modules Certisolis, gestionnaire d’énergie, installateur certifié) s’applique — et elle porte sur les panneaux, pas sur l’abonnement.

L’alternative physique : batterie et onduleur hybride

Si le stockage virtuel ne convient pas à votre profil, une batterie domestique couplée à un onduleur hybride Huawei SUN2000 conserve le surplus chez vous. Les batteries restent taxées à 20 % : comparez les capacités et les prix dans notre rayon batteries solaires.

FAQ

La batterie virtuelle MyLight stocke-t-elle vraiment mon électricité ?

Non. Aucun stockage physique n’a lieu. Votre surplus est injecté sur le réseau comme dans une installation classique, et les kWh restitués en proviennent également. C’est une comptabilisation commerciale, pas un équipement.

Peut-on cumuler la batterie virtuelle MyLight et le rachat du surplus par EDF OA ?

Non. Photovoltaique.info indique que l’autoconsommation avec stockage virtuel ne permet de percevoir ni prime à l’autoconsommation ni tarif rémunéré au titre de l’obligation d’achat. Il faut choisir. Nous n’avons trouvé aucune source confirmant l’existence de formules hybrides : à vérifier auprès de l’opérateur.

Combien coûte un kWh restitué par la batterie virtuelle MyLight ?

0,10862 € TTC selon la grille MyBattery publiée par mylight150 et applicable au 1er août 2026 (acheminement 0,05988 €, accise 0,03674 €, CEE 0,012 €), à comparer aux 0,2001 € du tarif bleu. Ce montant est révisable : il a déjà augmenté en mai 2026.

Faut-il changer de fournisseur d’électricité ?

Oui. mylight150 est un fournisseur d’électricité : souscrire MyBattery ou MySmartBattery impose son contrat de fourniture. Comparez son prix du kWh avec votre contrat actuel avant de décider.

La batterie virtuelle MyLight fonctionne-t-elle pendant une coupure de courant ?

Non. En cas de défaillance du réseau, la batterie virtuelle MyLight n’assure aucun approvisionnement, puisqu’il n’existe aucune réserve physique chez vous. Seule une batterie physique équipée d’une fonction de secours maintient des circuits alimentés.

Mes kWh stockés sont-ils perdus au bout d’un an ?

Nous n’avons trouvé aucune règle publiée sur la durée de validité du stock ni sur une éventuelle purge chez cet opérateur. Photovoltaique.info signale que certaines offres pratiquent un vidage périodique contractuel. Clause à faire préciser par écrit.

Existe-t-il un taux de restitution annoncé ?

Aucune source vérifiable ne publie de pourcentage de kWh récupérés par rapport aux kWh injectés. Méfiez-vous de tout commercial qui annonce un taux précis sans document contractuel : demandez-le noir sur blanc.

Batterie virtuelle MyLight ou batterie physique ?

La batterie physique apporte un stockage réel, une autonomie en cas de coupure et aucune dépendance à un fournisseur, mais coûte plusieurs milliers d’euros avec une TVA à 20 %. La batterie virtuelle MyLight ne coûte qu’un abonnement, mais n’apporte ni autonomie ni sécurité.

Notre position. FreXolaire ne commercialise aucune offre de batterie virtuelle et n’a pas de fournisseur partenaire. Cet article est une analyse indépendante : les tarifs cités sont ceux publiés par les opérateurs et doivent être revérifiés avant toute souscription.

Article publié le 28 juillet 2026.

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