Fin de la prime et rachat à 1,1 centime : le solaire est-il encore rentable en 2026 ?

La prime à l’autoconsommation a disparu pour les nouvelles demandes, et le surplus injecté sur le réseau n’est plus racheté que 1,1 centime d’euro par kilowattheure. Faut-il pour autant enterrer le photovoltaïque résidentiel ? Non. Mais la rentabilité des panneaux solaires en 2026 obéit à une logique nouvelle, et mieux vaut la comprendre honnêtement avant de signer un devis.

Rentabilité panneaux solaires 2026 — FreXolaire, installateur photovoltaïque RGE QualiPV

Ce qui a changé le 5 juin 2026

L’arrêté tarifaire du 1er juin 2026 a supprimé la prime à l’autoconsommation pour toutes les demandes complètes de raccordement déposées à partir du 5 juin 2026. Pour mémoire, le dernier barème (demandes du 1er avril au 4 juin 2026) accordait :

  • 80 €/kWc jusqu’à 9 kWc ;
  • 120 €/kWc de 9 à 36 kWc ;
  • 60 €/kWc de 36 à 100 kWc.

Les contrats demandés avant cette date conservent leurs droits : la prime y est versée en une seule fois à la première facture pour les installations jusqu’à 9 kWc, et à hauteur de 80 % la première année puis 5 % par an pendant quatre ans au-delà de 9 kWc. Mais pour tout nouveau projet, elle n’existe plus.

Deuxième bascule : le tarif d’achat. Depuis le 5 juin 2026, un tarif unique de 1,1 c€/kWh HT s’applique aux installations jusqu’à 100 kWc, en vente du surplus comme en vente totale. Il est indexé à +2 % par an sur toute la durée du contrat de 20 ans, et la dégressivité trimestrielle des anciens arrêtés est supprimée. À noter : la vente totale n’est plus soutenue du tout pour les installations de 9 kWc ou moins depuis le 28 mars 2025, et l’ancien tarif d’environ 0,04 €/kWh garanti 20 ans ne vaut que pour les contrats demandés avant le 5 juin 2026.

Traduction concrète : un surplus de 4 000 kWh par an rapporte désormais 44 € la première année. Vendre son électricité n’est plus un modèle économique, c’est un appoint symbolique.

Fin de la prime et rachat à 1,1 centime — illustration

En 2026, la rentabilité se joue sur l’électricité que vous ne payez plus

Le calcul a changé de camp. Chaque kilowattheure produit et consommé sur place est un kilowattheure que vous n’achetez pas à votre fournisseur, soit environ 0,2001 €/kWh TTC au tarif réglementé (option Base 6 kVA, grille en vigueur depuis le 1er août 2026). Rapporté au 1,1 c€/kWh du surplus, le rapport est de 1 à 18 : l’électricité autoconsommée vaut presque vingt fois plus que l’électricité vendue.

La conséquence est simple : une installation rentable en 2026 est une installation dimensionnée pour être consommée, pas pour injecter. Sans pilotage particulier, un foyer autoconsomme typiquement 20 à 40 % de sa production. Avec un pilotage intelligent — ballon d’eau chaude déclenché aux heures de production, recharge du véhicule électrique en journée, appareils programmés — on dépasse couramment 50 %.

L’État soutient d’ailleurs précisément cette logique via la TVA à 5,5 %, en vigueur depuis le 1er octobre 2025 pour les installations jusqu’à 9 kWc sur bâtiment résidentiel. Les conditions, fixées par l’arrêté du 8 septembre 2025, sont cumulatives : modules bas carbone listés Certisolis (bilan carbone inférieur à 530 kgCO2eq/kWc, moins de 14 mg d’argent par watt, moins de 0,1 % de plomb et de 0,01 % de cadmium), système de gestion d’énergie pilotant de façon autonome au moins deux usages du logement, et pose par un installateur certifié RGE. À défaut, la TVA reste à 20 % — et elle reste à 20 % dans tous les cas pour les batteries.

Exemple chiffré : 6 kWc sur une toiture francilienne

Prenons un cas réaliste : une maison en Île-de-France, une installation de 6 kWc bien orientée produisant environ 6 300 kWh par an (vous pouvez affiner ce chiffre avec notre outil de calcul de production photovoltaïque), pour un foyer consommant 8 500 kWh par an.

6 kWc à ParisSans pilotage (TVA 20 %)Avec pilotage (TVA 5,5 %)
Coût installé≈ 11 260 € TTC≈ 9 900 € TTC
Taux d’autoconsommation≈ 30 %≈ 55 %
Économie sur la facture (année 1)1 890 kWh × 0,2001 € = 378 €3 465 kWh × 0,2001 € = 693 €
Vente du surplus (année 1)4 410 kWh × 0,011 € = 49 €2 835 kWh × 0,011 € = 31 €
Gain total année 1≈ 427 €≈ 724 €
Retour sur investissement*≈ 20 ans≈ 12 ans

* Hypothèses : même matériel dans les deux cas (seule la TVA change, le pilotage étant requis pour le taux réduit), électricité à 0,2001 €/kWh TTC revalorisée de 3 % par an, surplus à 1,1 c€/kWh indexé à +2 % par an, sans batterie. Chiffres arrondis, à jour au 7 août 2026.

La lecture honnête : sans pilotage, le retour sur investissement dépasse 20 ans — difficile à défendre. Avec pilotage, condition de toute façon exigée pour la TVA à 5,5 %, on retombe vers 12 ans, dans la fourchette de 8 à 14 ans selon profil et pilotage que l’on observe sur les projets résidentiels bien dimensionnés. S’y ajoute un effet patrimonial réel : une maison équipée se valorise en moyenne de 5 à 15 %.

Ce que le même projet valait avant la réforme

Pour mesurer l’ampleur de la bascule, reprenons exactement la même installation — 6 kWc en Île-de-France, 6 300 kWh produits, 30 % autoconsommés — selon que la demande complète de raccordement a été déposée avant ou après le 5 juin 2026. Seul le cadre change : le matériel, la toiture et le foyer sont identiques.

Même installation 6 kWcDemande avant le 5 juin 2026Demande depuis le 5 juin 2026
Prime à l’autoconsommation480 € (80 €/kWc × 6), versée en une fois0 €
Tarif de rachat du surplus≈ 0,04 €/kWh1,1 c€/kWh
Revente du surplus (4 410 kWh)176 €49 €
Économie sur la facture378 €378 €
Gain la 1re année1 034 €427 €
Gain les années suivantes554 €/an427 €/an
Calcul FreXolaire à partir des barèmes cités plus haut. L’ancien tarif de rachat est celui d’environ 0,04 €/kWh applicable aux demandes antérieures au 5 juin 2026.

Deux enseignements. Le gain récurrent passe de 554 à 427 € par an, soit −23 % : c’est net, mais ce n’est pas l’effondrement que certains décrivent. En revanche la première année perd 607 €, parce que la prime disparaît d’un seul coup — et c’est cette marche-là, bien plus que le tarif de rachat, qui allonge le retour sur investissement.

Le point à retenir tient en une phrase : la composante du gain qui a le moins bougé est aussi celle qui pèse le plus. Les 378 € d’électricité non achetée sont intacts, et ils progresseront avec le prix de l’électricité. C’est la seule partie du modèle économique qui ne dépend d’aucune décision politique.

Les cas où nous déconseillons d’installer

Un installateur qui n’a jamais déconseillé un projet n’est pas un installateur, c’est un vendeur. Depuis la réforme, trois situations ne passent plus le test économique, et nous le disons avant d’établir un devis.

  • Consommation annuelle inférieure à 2 500 kWh — il n’y a pas assez d’usage en journée pour absorber la production, et le surplus à 1,1 c€/kWh ne compense rien.
  • Absence totale en journée sans aucun usage pilotable — pas de ballon électrique, pas de véhicule à recharger, chauffage au gaz. Le taux d’autoconsommation plafonne vers 20 % et le retour sur investissement dépasse 20 ans.
  • Toiture fortement ombragée ou orientée au nord — la perte de productible se cumule désormais à la perte des aides. Avant la réforme, la prime absorbait une partie du handicap ; ce n’est plus le cas.

À l’inverse, les projets qui restent très bons en 2026 ont un point commun : un usage électrique important et déplaçable en journée. Pompe à chaleur, chauffe-eau thermodynamique, piscine, véhicule électrique rechargé le jour.

Et après les 20 ans du contrat ?

Le contrat d’achat court sur 20 ans, alors que les modules sont garantis en production 25 à 30 ans. Une installation posée en 2026 produira donc encore une décennie après la fin de son contrat. Deux conséquences pratiques, presque toujours absentes des simulations commerciales.

D’abord, au-delà de la vingtième année, toute la rentabilité repose sur la seule autoconsommation — ce qui, à 1,1 c€/kWh de surplus, change en réalité très peu de choses par rapport au calcul actuel. Ensuite, l’onduleur ne dure pas 25 ans : il faut prévoir un remplacement vers 12 à 15 ans, de l’ordre de 900 à 1 800 € posé selon la puissance et la technologie. Une simulation qui omet cette ligne est incomplète ; nous l’intégrons dans nos chiffrages.

Reste la question du surplus. Puisqu’il ne vaut presque plus rien à la revente, certains se tournent vers la batterie virtuelle, qui promet de le restituer plus tard en kWh. L’arbitrage n’est pas évident et dépend entièrement du coût de l’abonnement : nous l’avons détaillé dans notre dossier sur la batterie virtuelle et son comparatif des offres. FreXolaire ne commercialise aucune offre de ce type et n’a pas de fournisseur partenaire.

Ces hypothèses méritent d’être rejouées dans une simulation de rentabilité solaire sur vos propres chiffres.

Photographie d illustration : Fin de la prime et rachat à 1,1 centime

Les fausses promesses à fuir

Soyons clairs, car certains discours commerciaux ne le sont pas : le photovoltaïque n’est éligible ni à MaPrimeRénov’, ni aux certificats d’économies d’énergie (CEE), ni à l’éco-prêt à taux zéro. Toute promesse du type « installation financée jusqu’à 60 % par les aides de l’État » est indéfendable en 2026. Si un démarcheur vous la sert, changez d’interlocuteur.

Côté impôts, les revenus de la vente d’électricité restent exonérés pour les installations jusqu’à 3 kWc (article 35 ter du CGI) ; au-delà, ils relèvent du micro-BIC avec un abattement de 71 % — un enjeu devenu anecdotique à 1,1 c€/kWh. Enfin, quelques collectivités maintiennent des aides locales ponctuelles : renseignez-vous auprès de votre mairie ou de votre région, sans en faire le pilier de votre plan de financement.

Notre approche : dimensionner pour l’autoconsommation

Chez FreXolaire, installateur photovoltaïque RGE QualiPV en Île-de-France, ce nouveau contexte n’a pas changé notre méthode, il l’a confortée : nous partons de votre courbe de consommation, pas de la surface de votre toit. Mieux vaut 4 à 6 kWc réellement consommés que 9 kWc injectés à 1,1 centime. Nos solutions résidentielles pour particuliers intègrent des modules bas carbone éligibles à la TVA 5,5 % et un pilotage des usages (eau chaude, recharge, électroménager) pour pousser le taux d’autoconsommation au maximum. Et si vous préférez comparer le matériel vous-même, notre boutique en ligne référence panneaux, onduleurs et kits aux prix 2026.

Illustration : Fin de la prime et rachat à 1,1 centime

FAQ : trois questions que l’on nous pose

J’ai déposé ma demande avant le 5 juin 2026 : ma prime est-elle perdue ?

Non. Les demandes complètes déposées avant le 5 juin 2026 restent régies par l’ancien cadre : prime au barème en vigueur à la date de la demande, versée en une fois à la première facture jusqu’à 9 kWc. Seules les nouvelles demandes sont concernées par la suppression, et aucun texte n’annonce à ce jour un retour du dispositif.

Faut-il encore signer un contrat de rachat du surplus à 1,1 c€/kWh ?

Oui, dans la plupart des cas : le contrat est gratuit, court sur 20 ans, le tarif est indexé à +2 % par an, et il évite de céder votre surplus au réseau sans aucune contrepartie. Il faut simplement le considérer pour ce qu’il est : un complément marginal, pas le cœur de la rentabilité.

Une batterie rend-elle l’installation plus rentable ?

Elle augmente le taux d’autoconsommation, mais elle est facturée avec une TVA à 20 % et représente un investissement significatif. Notre conseil : commencer par le pilotage des usages, puis étudier la batterie au cas par cas selon votre profil de consommation. Notre FAQ panneaux solaires détaille ces arbitrages.

Sources

Envie d’un chiffrage honnête plutôt que d’une promesse d’aides disparues ? Demandez votre devis gratuit : réponse sous 48 h, étude d’autoconsommation incluse. Vous pouvez aussi nous appeler au 07 69 49 67 57.

Article publié le 27 juillet 2026. Informations à jour au 7 août 2026.

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