Batterie virtuelle : comment ça marche et pour qui c’est intéressant en 2026

La batterie virtuelle promet de stocker virtuellement votre surplus solaire pour vous le restituer plus tard, sans aucune batterie physique. Sur le papier, c’est génial. En pratique, il y a des frais cachés et un engagement long. Voici l’analyse honnête, sans pression commerciale.

Batterie virtuelle : deux personnes étudiant les conditions du contrat autour d'une table

Ce qui a changé depuis le 5 juin 2026

Jusqu’au printemps 2026, la question se posait peu : le surplus injecté sur le réseau était racheté à un tarif qui rendait la revente confortable. Depuis l’arrêté du 1er juin 2026, entré en vigueur le 5 juin, le surplus des nouvelles installations n’est plus racheté que 1,1 c€/kWh, alors que le même kilowattheure acheté au réseau coûte environ 0,2001 €/kWh TTC (tarif bleu, base 2026).

L’écart est d’un facteur dix-huit. Concrètement : un kWh envoyé au réseau vous rapporte 1,1 centime, le même kWh consommé chez vous vous en économise 20. C’est exactement ce qui remet la batterie virtuelle photovoltaïque dans la discussion. Tant que revendre rapportait, personne n’avait de raison de payer un abonnement pour récupérer ses kWh plus tard ; ce n’est plus le cas.

Deux précautions avant d’aller plus loin. D’abord, ce n’est pas un stockage physique : rien n’est installé chez vous, votre électricité part bien sur le réseau et votre fournisseur tient une comptabilité de kWh restituables. Ensuite, la restitution n’est pas gratuite : l’acheminement (TURPE) et les taxes restent dus sur chaque kWh repris, en plus de l’abonnement mensuel — le plus souvent calculé selon la puissance installée, en kWc. Chiffres vérifiés au 6 août 2026 (arrêté tarifaire en vigueur, photovoltaique.info).

Batterie virtuelle — illustration

Définition : crédit kWh stocké chez un fournisseur

Le principe est simple :

  1. Vos panneaux produisent un surplus → injecté au réseau.
  2. Le surplus est comptabilisé en crédit kWh chez votre fournisseur.
  3. Plus tard, vous récupérez ces kWh quand vous consommez plus que votre production.
  4. Vous payez 0 € ou un prix réduit sur ces kWh « récupérés ».

C’est donc une mutualisation virtuelle entre votre production excédentaire et votre consommation différée, via le réseau public.

Acteurs en France : Mylight, Urban Solar Energy, JPME

Mylight Systems

Pionnier français (Lyon). L’entreprise revendique plus de 20 000 clients en 2026 ; ce chiffre émane de sa propre communication et n’est pas vérifiable de manière indépendante.

  • Service « Mon Soleil & Moi ».
  • Restitution gratuite dans la limite du stock annuel.
  • Engagement 12 mois renouvelable.
  • Coût mensuel : 8,90 € à 24,90 € selon plan.

Urban Solar Energy

Acteur récent (2023+). Approche modulaire.

  • Service « USE Battery ».
  • Coût mensuel ~10-20 €.
  • Restitution pas totalement gratuite (TURPE + taxes).

JPME (Je Produis Mon Énergie)

Coopérative énergétique.

  • Modèle plus solidaire.
  • Coûts variables.

EDF (offre « Mon contrat solaire »)

EDF a lancé une offre comparable, intégrée à votre contrat de fourniture.

  • Intégrée à la facture EDF.
  • Coûts cachés dans les abonnements.
Photographie d illustration : Batterie virtuelle

Coût mensuel et règles de restitution

Coût d’abonnement

Variable selon fournisseur et capacité virtuelle :

Compteur Linky et suivi de production
Compteur Linky et suivi de production
  • Plan basique 1 000 kWh/an : 8-12 €/mois = 96-144 €/an.
  • Plan moyen 3 000 kWh/an : 15-20 €/mois = 180-240 €/an.
  • Plan illimité : 24-35 €/mois = 288-420 €/an.

Restitution

ATTENTION : la « restitution gratuite » est trompeuse. Vous payez quand même :

  • TURPE (tarif acheminement) sur chaque kWh récupéré.
  • Taxes (CSPE, TICFE, TVA).
  • Marge fournisseur intégrée à l’abonnement.

Vous récupérez le prix de l’énergie nu (~0,07 €/kWh), pas le tarif TTC (~0,2001 €/kWh, tarif bleu base août 2026).

Calcul réel

Pour 1 000 kWh stockés et restitués / an :

  • Économie facture : 1 000 × 0,18 € = 180 €/an (énergie + part marge).
  • Coût abonnement : 144 €/an.
  • Gain net : ~36 €/an.

À comparer à la vente en obligation d’achat : pour les contrats demandés depuis le 5 juin 2026, le surplus n’est racheté que 1,1 c€/kWh, soit 1 000 × 0,011 € = 11 €/an. Face à ce tarif devenu symbolique, la batterie virtuelle redevient une option à étudier sérieusement pour valoriser un surplus important — à condition de compter honnêtement l’abonnement, le TURPE et les taxes. Informations à jour au 27 juillet 2026.

Avantages : zéro hardware, garantie illimitée

Vraies forces :

  • Aucune batterie physique (pas d’investissement, pas d’entretien).
  • Capacité « illimitée » théorique (pas de saturation).
  • Garantie service (pas de panne hardware).
  • Pas de fin de vie physique.
Illustration : Batterie virtuelle

Limites : facturation TURPE, fiscalité, sortie du contrat

Limites importantes :

1. TURPE et taxes sur la restitution

Comme mentionné, vous payez TURPE + taxes sur chaque kWh « récupéré ». Cela réduit le gain net.

2. Coût abonnement fixe

Vous payez chaque mois, même si vous n’utilisez pas le service.

3. Engagement

12 à 36 mois selon offre. Sortie pénalisée.

4. Indépendance fournisseur

Vous restez dépendant d’un fournisseur tiers. Si Mylight ou Urban Solar disparaît, votre stock virtuel…

5. Fiscalité

Le crédit kWh stocké est dans certains cas considéré comme un revenu (à déclarer). Selon montage. À vérifier avec votre fiscaliste.

6. Pas de mode secours

Contrairement à une batterie physique avec EPS, aucun backup en cas de coupure réseau.

Batterie virtuelle vs batterie physique : comparatif TCO

Cas : foyer 4 personnes, 6 kWc, 3 000 kWh/an de surplus.

Batterie virtuelle 3 000 kWh

  • Coût annuel : 144 €/an d’abonnement + TURPE/taxes sur kWh restitués.
  • Économies : 1 000-1 500 € sur 8 ans.
  • TCO 8 ans : 1 152 € (abonnement) + ~1 200 € (TURPE+taxes) = 2 350 €.

Batterie physique 10 kWh LFP

  • Coût initial : 6 000 €.
  • Maintenance : ~50 €/an.
  • Économies : 1 600-2 200 € sur 8 ans.
  • TCO 8 ans : 6 400 €.

Comparaison :

  • Sur 8 ans, batterie virtuelle = moins coûteuse (TCO 2 350 € vs 6 400 €).
  • Sur 15 ans (durée vie batterie LFP), batterie physique reprend l’avantage (durée vie 12-18 ans).
  • Hardware = patrimoine, virtuelle = service.

Ce que l’expérience montre sur la durée

Nous ne publions pas de témoignages que nous n’avons pas recueillis nous-mêmes. En revanche, quatre points reviennent systématiquement dans les retours documentés et dans les questions que nous recevons en rendez-vous :

  • Le gain net dépend surtout du surplus réellement stocké. En dessous de 1 500 à 2 000 kWh de surplus annuel, l’abonnement absorbe l’essentiel du bénéfice.
  • L’abonnement est révisable. Il est indexé ou révisé contractuellement : le calcul fait à la signature n’est pas figé pour dix ans.
  • Le coût réel du kWh restitué n’est jamais nul. Acheminement, taxes et abonnement ramenés au kWh, le kWh « repris » revient couramment au-delà de 0,10 €.
  • La sortie du contrat se prépare. Durée d’engagement, préavis et sort du stock non consommé : ces trois clauses décident de votre liberté future.

FAQ

La batterie virtuelle est-elle écologique ?

Argumentation marketing. En réalité, votre surplus va sur le réseau, est consommé localement. Pas de « stockage » magique, c’est une comptabilité contractuelle.

Puis-je cumuler batterie virtuelle + prime à l’autoconsommation ?

La question ne se pose plus pour les nouveaux projets : la prime à l’autoconsommation a été supprimée pour les nouvelles demandes depuis le 5 juin 2026. Notez par ailleurs que la batterie virtuelle remplace en général le contrat de vente du surplus : les kWh injectés sont crédités chez votre fournisseur au lieu d’être vendus.

Mylight ou Urban Solar : lequel choisir ?

Mylight = plus mature, 20 000+ clients, support solide. Urban Solar = plus récent, parfois prix attractifs. À comparer sur TCO 5 ans (abonnement + TURPE + taxes).

Et si Mylight fait faillite ?

Votre stock virtuel s’évapore. Risque réel à prendre en compte.

Mieux vaut une vraie batterie physique ?

Pour 70-80 % des foyers : virtuelle plus rentable sur 5-10 ans, mais physique plus rentable sur 15+ ans (durée vie batterie LFP).

Notre position. FreXolaire ne commercialise aucune offre de batterie virtuelle et n’a pas de fournisseur partenaire. Les noms cités ici le sont à titre d’information : notre rôle est de dimensionner votre installation pour que la question se pose dans les bons termes, chiffres à l’appui.

Vous hésitez entre batterie réelle ou virtuelle ? Demandez l’audit personnalisé — calcul TCO 10 ans selon vos usages.

Sources : Mylight Systems, Urban Solar Energy, photovoltaique.info, arrêté tarifaire en vigueur, Commission de Régulation de l’Énergie.

Article mis à jour le 6 août 2026.

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