Résidentiel

20 questions à poser à votre installateur photovoltaïque avant de signer

Les questions à poser à votre installateur photovoltaïque : RGE, assurances, matériel, garanties, SAV. 20 questions pour repérer un pro sérieux.

Charbel EphremRédigé par Installateur photovoltaïque RGE QualiPV
Mis à jour le 12 min de lecture
Au sommaire · 10 parties
  1. 01Comment vérifier les qualifications et la légitimité d’un installateur photovoltaïque ?
  2. 02Quelles assurances et garanties exiger d’un installateur photovoltaïque ?
  3. 03Que doit contenir l’étude technique d’un installateur photovoltaïque ?
  4. 04Les démarches et le chantier
  5. 05Quelles questions poser sur le prix, le paiement et la rentabilité ?
  6. 06Après la mise en service
  7. 07Questions à poser à votre installateur : quelles preuves demander, et où les vérifier ?
  8. 08Et si les réponses ne viennent pas ?
  9. 09Questions fréquentes
  10. 10Sources et méthode

En bref : avant de signer, faites prouver à l’installateur sa qualification RGE QualiPV et sa décennale photovoltaïque, une étude fondée sur vos consommations, l’éligibilité du devis à la TVA à 5,5 % (jusqu’à 9 kWc, depuis le 1er octobre 2025) et une rentabilité qui ne compte pas sur la revente, rachetée 1,1 c€/kWh contre 0,2001 € le kWh acheté (photovoltaique.info ; CRE, 1er août 2026). Voici les questions à poser à votre installateur, thème par thème.

Un devis photovoltaïque engage votre toiture, votre budget et vingt-cinq ans de production. Avant de signer, un rendez-vous d’une heure avec les bonnes questions vous en apprend plus que dix plaquettes commerciales. Voici les 20 questions à poser, regroupées par thème, avec pour chacune la réponse qu’un professionnel sérieux doit être capable de donner.

Comment vérifier les qualifications et la légitimité d’un installateur photovoltaïque ?

Pour vérifier un installateur photovoltaïque, demandez son certificat RGE QualiPV en cours de validité et contrôlez-le sur l’annuaire france-renov.gouv.fr, vérifiez son SIREN et son ancienneté sur annuaire-entreprises.data.gouv.fr, et demandez qui pose réellement les panneaux.

1. Êtes-vous certifié RGE QualiPV, et pouvez-vous me montrer le certificat en cours de validité ? La qualification RGE (Reconnu Garant de l’Environnement) conditionne la TVA à 5,5 % et se vérifie en ligne sur l’annuaire officiel france-renov.gouv.fr. Un certificat expiré ou « en cours de renouvellement » doit vous alerter.

2. Quel est votre numéro SIREN, et depuis quand l’entreprise existe-t-elle ? Trente secondes sur annuaire-entreprises.data.gouv.fr permettent de vérifier l’ancienneté, l’activité déclarée et la santé de l’entreprise. Une structure créée il y a six mois qui promet vingt-cinq ans de garantie mérite réflexion.

3. Qui réalise la pose : vos équipes ou des sous-traitants ? La sous-traitance n’est pas un défaut en soi, mais elle doit être annoncée, et le sous-traitant doit être lui-même assuré et qualifié. Chez FreXolaire, la pose est réalisée par nos équipes ou par des poseurs partenaires qualifiés, sous notre responsabilité : c’est l’engagement de notre installateur RGE QualiPV en Île-de-France.

4. Pouvez-vous me donner des références de chantiers comparables au mien, avec des clients que je peux contacter ? Les avis en ligne se vérifient aussi : privilégiez les plateformes où l’entreprise ne peut pas supprimer les avis négatifs, et regardez comment elle répond aux critiques.

Quelles assurances et garanties exiger d’un installateur photovoltaïque ?

Exigez l’attestation d’assurance décennale qui mentionne l’activité « procédés photovoltaïques », les documents de garantie des panneaux et de l’onduleur, et un engagement écrit sur la prise en charge du SAV, car la garantie fabricant couvre rarement la dépose et la repose.

5. Pouvez-vous me fournir votre attestation d’assurance décennale, avec la mention explicite de l’activité photovoltaïque ? C’est le point le plus important de la liste. Une décennale « couverture » ne couvre pas forcément la pose de panneaux : l’activité « procédés photovoltaïques » doit figurer sur l’attestation. Notre article sur la garantie décennale photovoltaïque détaille ce que couvre — et ne couvre pas — cette assurance.

Installateur sur une échelle contre la façade d'une maison
Installateur sur une échelle contre la façade d'une maison

6. Quelles sont les garanties produit et performance des panneaux et de l’onduleur ? Les panneaux récents affichent couramment 25 à 30 ans de garantie produit et une garantie de performance chiffrée année par année ; les onduleurs, 10 à 20 ans selon les marques. Demandez les documents, pas seulement les chiffres.

7. Qui prend en charge le SAV si un composant tombe en panne dans 8 ans : vous, le fabricant, ou personne ? La garantie fabricant ne couvre généralement pas la main-d’œuvre de dépose et repose. Un installateur sérieux explique précisément qui paie quoi, et combien de temps il s’engage.

Que doit contenir l’étude technique d’un installateur photovoltaïque ?

Une étude technique sérieuse part de vos consommations réelles, inclut une étude d’ombrage sur site ou modélisée, chiffre la production annuelle à partir d’une source publique comme PVGIS (1 100 kWh par kWc et par an en Île-de-France, PVGIS 5.2) et prouve l’éligibilité du matériel à la TVA à 5,5 %.

8. Votre dimensionnement s’appuie-t-il sur mes consommations réelles ? Depuis la réforme de juin 2026, la rentabilité repose presque exclusivement sur l’autoconsommation : un dimensionnement sérieux part de vos factures et de votre profil de consommation, pas d’une puissance « standard ». Notre guide 3, 6 ou 9 kWc explique la logique.

9. Avez-vous réalisé une étude d’ombrage, et avec quel outil ? Une cheminée ou un arbre mal placé peut coûter cher en production. La réponse attendue mentionne une visite sur site ou une modélisation, pas « votre toit est parfait » vu depuis la rue.

La méthode et les outils sont détaillés dans notre guide de l’étude d’ombrage avant panneaux solaires.

10. Quelle production annuelle estimez-vous, et sur quelle base ? L’estimation doit citer une source de données d’ensoleillement (PVGIS est la référence publique européenne) et une hypothèse de pertes. Vous pouvez la comparer à notre simulateur de production.

Repère pour juger le chiffre annoncé : en Île-de-France, PVGIS 5.2 donne 1 100 kWh par kWc et par an plein sud à 35° avec 14 % de pertes, soit 6 600 kWh pour 6 kWc. Une estimation nettement au-dessus pour la même orientation doit être justifiée. Pour refaire le calcul vous-même, voir notre guide PVGIS : estimer sa production solaire.

11. Le matériel proposé est-il éligible à la TVA 5,5 % ? Depuis le 1er octobre 2025, la TVA réduite sur les installations résidentielles jusqu’à 9 kWc exige des modules sous le seuil carbone Certisolis. Peu de références y satisfont : exigez la preuve écrite pour la référence exacte proposée, pas une affirmation générale sur la marque. Notre article sur la TVA à 5,5 % fait le point.

Les seuils précis à faire figurer sur la fiche des modules : un bilan carbone inférieur à 530 kgCO2 eq/kWc et moins de 14 mg d’argent par watt dans les cellules ; il faut aussi un système de gestion de l’énergie et une pose par un installateur qualifié (photovoltaique.info, page « Taux de TVA », publiée le 21 juillet 2026). Si le devis comprend une batterie posée en même temps, toute l’opération passe à 20 % de TVA, panneaux compris ; voir notre guide de la batterie solaire.

Installateurs posant des rails et un panneau solaire sur un toit en tuiles
La pose par l'entreprise certifiée.

Les démarches et le chantier

12. Qui dépose la déclaration préalable en mairie, et qui gère Enedis et le Consuel ? La réponse attendue : l’installateur, avec un mandat. Si on vous laisse les démarches, le « prix attractif » cache du travail non fait.

Questions à poser à votre installateur : liste préparée avant un rendez-vous
Liste de questions préparée avant un rendez-vous avec un installateur

13. Quel est le délai total réaliste entre la signature et la mise en service ? Entre l’instruction de la déclaration préalable, le raccordement et l’attestation Consuel, un délai de deux à quatre mois est courant. Méfiez-vous des promesses de mise en service « sous quinze jours ».

14. Comment traitez-vous l’étanchéité de ma toiture, et que se passe-t-il en cas de fuite ? La réponse doit mentionner le système de fixation prévu pour votre type de couverture et le recours à la décennale en cas de désordre.

15. Que contient exactement votre devis ? Matériel référencé précisément, pose, démarches, raccordement, mise en service : notre article décrypter un devis photovoltaïque liste ligne par ligne ce qui doit y figurer.

Quelles questions poser sur le prix, le paiement et la rentabilité ?

Sur l’argent, demandez un calendrier de paiement avec un acompte raisonnable et le solde à la réception, le coût séparé de tout financement, et une simulation de rentabilité fondée sur l’électricité autoconsommée, pas sur la revente du surplus à 1,1 c€/kWh (arrêté du 1er juin 2026).

16. Quel est le calendrier de paiement ? Un acompte raisonnable à la commande, le solde à la réception : c’est le schéma sain. Un paiement intégral avant pose est un signal d’alarme majeur.

17. Proposez-vous un financement, et par quel organisme ? Si un crédit est proposé, son coût doit être présenté clairement et séparément du devis matériel. Notre article sur l’éco-PTZ et le financement bancaire présente les options. Si l’on vous propose une installation « sans apport », demandez ce que recouvre exactement l’offre : notre article sur les panneaux solaires sans apport distingue les montages légitimes des pièges.

18. Votre simulation de rentabilité inclut-elle le tarif de rachat réel du surplus ? Depuis juin 2026, le surplus injecté est racheté à un tarif symbolique. Toute simulation qui fait reposer la rentabilité sur la revente est trompeuse : le calcul honnête repose sur l’électricité que vous ne payez plus.

Exemple de calcul FreXolaire pour 6 kWc en Île-de-France, à 60 % d’autoconsommation : 3 960 kWh consommés sur place évitent 792 € d’achat au tarif bleu de 0,2001 €/kWh (CRE, 1er août 2026), tandis que les 2 640 kWh de surplus ne rapportent que 29 € à 1,1 c€/kWh. La revente pèse donc moins de 4 % du gain de la première année, et une installation de 6 kWc à 11 000 € TTC se rembourse en 12 ans environ. Pour comparer les prix, voir combien coûte une installation de panneaux solaires en 2026.

Après la mise en service

19. Comment suivrai-je ma production, et qui m’alerte en cas de panne ? Application de suivi, alertes automatiques, contrat de supervision : les pratiques varient beaucoup. Sachez ce qui est inclus.

20. Que devient mon dossier si votre entreprise disparaît ? Question inconfortable mais légitime : la décennale reste due par l’assureur même si l’entreprise ferme, à condition d’avoir l’attestation de l’année des travaux. Conservez-la précieusement.

Questions à poser à votre installateur : quelles preuves demander, et où les vérifier ?

Les réponses d’un installateur photovoltaïque se vérifient presque toutes sur pièce : le tableau ci-dessous associe aux questions clés la preuve à exiger et la valeur de référence.

Point à vérifierPreuve à exigerOù vérifier, valeur de référence
QualificationCertificat RGE QualiPV en cours de validitéAnnuaire france-renov.gouv.fr
Existence de l’entrepriseNuméro SIRENannuaire-entreprises.data.gouv.fr
AssuranceAttestation décennale mentionnant les procédés photovoltaïquesAssureur indiqué sur l’attestation
TVA à 5,5 %Fiche des modules exacts, gestionnaire d’énergie au devisMoins de 530 kgCO2 eq/kWc, moins de 14 mg d’argent par watt, 9 kWc au plus (photovoltaique.info)
Production annoncéeSource des données et hypothèse de pertes1 100 kWh/kWc/an en Île-de-France (PVGIS 5.2)
PrixDevis détaillé ligne par ligne6 kWc : 11 000 à 13 000 € TTC avec TVA à 5,5 % ; 6 kWc + batterie 10 kWh posés ensemble : 17 000 à 20 000 € TTC
RentabilitéSimulation fondée sur l’autoconsommation0,2001 €/kWh évité (CRE, 1er août 2026) contre 0,011 €/kWh revendu

Source : photovoltaique.info (page « Taux de TVA », 21 juillet 2026 ; arrêté du 1er juin 2026), PVGIS 5.2 (JRC), CRE (tarif bleu au 1er août 2026), fourchettes de prix FreXolaire au 1er octobre 2026. Notre offre pour les maisons est présentée sur la page installation solaire pour particuliers.

Et si les réponses ne viennent pas ?

Un professionnel sérieux répond à ces vingt questions sans se froisser — c’est même souvent lui qui aborde ces sujets en premier. Des réponses évasives, une pression à signer le jour même ou une remise « valable aujourd’hui seulement » sont des signaux décrits dans notre article sur les arnaques au démarchage solaire.

Chez FreXolaire, ces réponses figurent par écrit dans chaque proposition : demandez votre devis, il est détaillé, sourcé et remis sous 48 h ouvrées — avec les vingt réponses.

Questions fréquentes

Comment vérifier qu’un installateur est bien certifié RGE QualiPV ?

Demandez le certificat en cours de validité et vérifiez-le sur l’annuaire officiel france-renov.gouv.fr. La qualification RGE conditionne la TVA à 5,5 % : un certificat expiré ou « en cours de renouvellement » doit vous faire reporter la signature.

Quelles garanties exiger pour les panneaux et l’onduleur ?

Les panneaux récents affichent couramment 25 à 30 ans de garantie produit et une garantie de performance chiffrée année par année. Demandez aussi la garantie de l’onduleur et qui prend en charge le SAV (dépose, repose, main-d’œuvre), rarement couvert par la garantie fabricant.

Le matériel proposé est-il éligible à la TVA à 5,5 % ?

Depuis le 1er octobre 2025, la TVA réduite sur les installations résidentielles jusqu’à 9 kWc exige des modules sous le seuil carbone Certisolis. Demandez la fiche produit et faites mentionner l’éligibilité sur le devis.

Quel prix est normal pour une installation de 6 kWc en 2026 ?

Posée par un installateur qualifié, une installation de 6 kWc coûte de 11 000 à 13 000 € TTC avec la TVA à 5,5 % sous conditions (fourchette FreXolaire au 1er octobre 2026). Avec une batterie de 10 kWh posée dans la même opération, toute l’installation passe à 20 % de TVA et le budget atteint 17 000 à 20 000 € TTC.

Une simulation qui mise sur la revente du surplus est-elle fiable ?

Non. Pour une demande déposée depuis le 5 juin 2026, le surplus est racheté 1,1 c€/kWh, alors qu’un kWh consommé sur place évite 0,2001 € d’achat au tarif bleu : il vaut environ 18 fois plus (arrêté du 1er juin 2026 ; CRE, 1er août 2026). Une simulation honnête chiffre d’abord l’autoconsommation.

Faut-il demander qui posera réellement les panneaux ?

Oui. La certification RGE QualiPV et l’assurance décennale qui comptent sont celles de l’entreprise qui pose, pas celles de l’entreprise qui vend : la pose par un installateur certifié est l’une des conditions de la TVA à 5,5 %. Faites inscrire au devis le nom et le numéro de qualification de l’entreprise qui interviendra sur votre toit.

Qui s’occupe du raccordement Enedis et du Consuel ?

Demandez-le par écrit : en général, l’installateur dépose la demande de raccordement à Enedis et obtient l’attestation Consuel, sans laquelle Enedis ne met pas l’installation en service. Le raccordement reste obligatoire même sans revente du surplus, et le délai dépend aussi d’Enedis : faites préciser qui relance en cas de retard.

Une batterie posée en même temps change-t-elle le prix ?

Oui, et pas seulement de son propre prix : posée dans la même opération, la batterie fait passer toute l’installation à 20 % de TVA, panneaux compris. Pour 6 kWc et 10 kWh posés ensemble, comptez 17 000 à 20 000 € TTC ; ajoutée plus tard, la batterie laisse l’installation initiale à 5,5 % si ses conditions sont réunies.

Que demander sur le suivi de production ?

Quelle application permet de suivre la production, qui reçoit les alertes en cas de panne, et sous quel délai l’installateur intervient. En Île-de-France, 1 kWc produit environ 1 100 kWh par an : un suivi régulier permet de repérer vite une production nettement inférieure à cette référence.

Que faire si le vendeur se présente sans rendez-vous ?

Ne signez rien le jour même. En démarchage à domicile, vous disposez de 14 jours pour vous rétracter et aucun paiement ne peut être exigé avant 7 jours (service-public.fr). Méfiez-vous aussi des aides annoncées : le photovoltaïque n’est éligible ni à MaPrimeRénov’ ni aux CEE, et la prime à l’autoconsommation est supprimée depuis le 5 juin 2026.

Que demander sur la garantie de l’onduleur ?

Sa durée, qui la fait jouer et sous quel délai. Un onduleur string dure en général de 10 à 15 ans, un micro-onduleur de 20 à 25 ans : demandez si une extension de garantie est proposée et ce que coûterait un remplacement hors garantie, pour l’inclure dès le départ dans votre calcul de rentabilité.

Le matériel que nous posons en 2026

Pour les projets résidentiels, nous installons des modules TOPCon bi-verre comme le Jinko Tiger Neo tout noir (discret sur les toitures visibles) ou le DMEGC Infinity RT 460 Wp bifacial pour les toitures dégagées, avec un onduleur hybride Huawei SUN2000 qui accepte une batterie ultérieure. Les références et leurs fiches techniques sont dans la boutique FreXolaire.

Sources et méthode

Méthode : publié le , mis à jour le . Guide rédigé par , président fondateur d’EoCube SAS (FreXolaire), entreprise certifiée RGE QualiPV par Qualit’EnR (certificat QPV/75983). Base de calcul : production de 1 100 kWh par kWc et par an en Île-de-France (PVGIS 5.2, plein sud, 35°, 14 % de pertes) ; électricité achetée 0,2001 € TTC le kWh (tarif bleu, option base) ; surplus racheté 1,1 c€ le kWh. Ce sont des hypothèses de calcul, pas une promesse : production et économies réelles dépendent de la toiture (orientation, inclinaison, ombrages) et de la consommation du foyer. Une erreur ou un chiffre à actualiser ? Écrivez-nous.

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