Au sommaire · 14 parties
- 01Qu’est-ce qui a changé le 5 juin 2026 pour les entreprises ? Prime supprimée, tarif unique
- 02Pourquoi l’autoconsommation est-elle la première « aide » en 2026 ?
- 03CEE : que financent les certificats (et que ne financent-ils pas) ?
- 04Quel levier fiscal pour une entreprise ? L’amortissement, le levier réel
- 05Quelles aides propose Bpifrance ?
- 06Que proposent les programmes de l’ADEME ?
- 07Existe-t-il des aides régionales B2B ?
- 08Comment financer sans investir ? Crédit-bail / leasing solaire
- 09Comment fonctionne un PPA solaire : montage et fiscalité ?
- 10Quels leviers selon la taille de l’entreprise ? Tableau récap
- 11Quelles aides restent éligibles au photovoltaïque d’entreprise en 2026 ?
- 12FAQ
- 13Pour aller plus loin
- 14Sources et méthode
En bref : en 2026, une entreprise ne touche plus de prime à l’autoconsommation et son surplus n’est racheté que 1,1 c€/kWh jusqu’à 100 kWc (arrêté du 1er juin 2026, demandes depuis le 5 juin). Les vrais leviers sont l’autoconsommation, un kWh évité valant 14 à 23 fois un kWh revendu (calcul FreXolaire), l’amortissement, le Prêt Vert Bpifrance, le crédit-bail et le PPA. Voici les aides photovoltaïque réellement mobilisables par une entreprise en 2026.
Le paysage des aides au photovoltaïque pour les entreprises a profondément changé en 2026. Depuis l’arrêté tarifaire du 1er juin 2026, la prime à l’autoconsommation est supprimée pour les nouvelles demandes et le tarif de rachat est devenu symbolique. La bonne nouvelle : l’équation économique d’une installation B2B reste solide, mais elle repose désormais presque entièrement sur l’autoconsommation et sur les leviers de financement (fiscalité, Bpifrance, leasing, PPA). Voici le panorama honnête.

Qu’est-ce qui a changé le 5 juin 2026 pour les entreprises ? Prime supprimée, tarif unique
Pour une demande de raccordement déposée depuis le 5 juin 2026, une installation d’entreprise de 100 kWc ou moins n’a plus droit à la prime à l’autoconsommation et vend son électricité injectée au tarif unique de 1,1 c€/kWh, indexé de 2 % par an sur 20 ans (arrêté du 1er juin 2026, photovoltaique.info). Le détail figure dans notre article sur le tarif d’achat EDF OA 2026.
Pour toute demande de raccordement déposée depuis le 5 juin 2026 (arrêté du 1er juin 2026) :
- La prime à l’autoconsommation est supprimée pour les nouvelles demandes.
- Le tarif d’achat, en vente du surplus comme en vente totale, est un tarif unique de 1,1 c€/kWh HT pour les installations ≤ 100 kWc, indexé à +2 %/an sur le contrat de 20 ans. La dégressivité trimestrielle est supprimée.
Les contrats demandés avant le 5 juin 2026 conservent leurs conditions historiques (pour les demandes du 1er avril au 4 juin 2026 : prime de 60 à 120 €/kWc selon la puissance, et anciens tarifs d’achat). Au-delà de 100 kWc, le passage par les appels d’offres CRE (Commission de Régulation de l’Énergie) reste la règle.
Conséquence directe : vendre son électricité ne rapporte quasiment plus rien. Une installation B2B se dimensionne désormais pour consommer sa production, pas pour la revendre.
Pourquoi l’autoconsommation est-elle la première « aide » en 2026 ?
Pour une entreprise qui paie son électricité 0,15 à 0,25 €/kWh, chaque kWh solaire consommé sur place vaut 14 à 23 fois un kWh revendu à 1,1 c€ (calcul FreXolaire) ; une installation de 100 kWc en Île-de-France produit environ 110 000 kWh par an (PVGIS 5.2, 1 100 kWh/kWc).
C’est le vrai moteur économique. Une entreprise consomme en journée, exactement quand les panneaux produisent : des taux d’autoconsommation de 60 à 90 % sont courants en B2B, sans batterie. Chaque kWh autoconsommé est un kWh non acheté au réseau, à votre prix professionnel (souvent 0,15 à 0,25 €/kWh selon contrat). Sur une installation de 100 kWc bien dimensionnée, cela représente typiquement 12 000 à 18 000 € d’économies annuelles, pour un retour sur investissement de l’ordre de 8 à 10 ans.
Exemple de calcul FreXolaire pour 100 kWc en Île-de-France : 110 000 kWh produits par an (PVGIS 5.2) ; à 70 % d’autoconsommation, 77 000 kWh évités valent 11 550 € au prix de 0,15 €/kWh et 19 250 € à 0,25 €/kWh, tandis que les 33 000 kWh injectés ne rapportent qu’environ 363 € à 1,1 c€/kWh. La revente pèse donc moins de 4 % du gain : le dimensionnement doit suivre la courbe de consommation du site, pas la surface de toiture.

CEE : que financent les certificats (et que ne financent-ils pas) ?
Soyons clairs : la production photovoltaïque n’est pas éligible aux Certificats d’Économies d’Énergie. Aucune opération standardisée ne subventionne la pose de panneaux. En revanche, les CEE peuvent financer les travaux d’efficacité énergétique qui accompagnent souvent un projet solaire : relamping LED du tertiaire, pompes à chaleur, isolation, régulation. Ces travaux relèvent de leurs propres fiches et le dossier doit être signé avec un délégataire avant le début des travaux — jamais après.
Quel levier fiscal pour une entreprise ? L’amortissement, le levier réel
Une installation photovoltaïque en achat direct est un actif immobilisé, amortissable (généralement sur 20 ans), ce qui réduit votre résultat imposable chaque année. Des dispositifs de suramortissement ont existé par le passé (article 39 decies) et reviennent régulièrement dans les lois de finances : leur application au photovoltaïque au moment de votre investissement doit être validée avec votre expert-comptable. Ne construisez pas votre business plan sur un suramortissement non confirmé.
Nous faisons le point sur ce dispositif dans notre article sur le suramortissement et le photovoltaïque, et sur les certificats dans notre analyse des CEE et du photovoltaïque en 2026.
Quelles aides propose Bpifrance ?
Bpifrance propose aux entreprises trois dispositifs utiles à un projet solaire : le Prêt Vert jusqu’à 5 M€ pour les PME et ETI, le Prêt Économies d’Énergie jusqu’à 500 000 € pour les TPE et PME, et le Diag Décarbon’Action, cofinancé avec l’ADEME, qui coûte 4 000 à 7 000 € HT en partie subventionnés.
Plusieurs dispositifs activables :
Prêt Vert Bpifrance
- Montants : jusqu’à 5 M€.
- Cible : PME et ETI investissant dans la transition énergétique.
- Taux : préférentiel (variable selon dossier).
- Cumul : avec les aides ADEME et les CEE (sur les travaux d’efficacité éligibles).
Diag Décarbon’Action
Diagnostic décarbonation cofinancé par Bpifrance et l’ADEME. Identifie les leviers de réduction CO₂, dont le PV. Coût : 4 000-7 000 € HT, en partie subventionné.
Prêt Économies d’Énergie
Pour les TPE/PME, jusqu’à 500 000 €, taux préférentiel.

Que proposent les programmes de l’ADEME ?
L’ADEME ne finance pas directement le PV en CAPEX, mais elle :
- Co-finance des études de faisabilité.
- Anime des appels à projets ponctuels sur des thématiques précises (autoconsommation collective territoriale, par exemple).
- Pilote le Fonds Chaleur (qui ne couvre PAS le PV — uniquement solaire thermique, biomasse, géothermie).
Ces contraintes se combinent différemment sur chaque site, et c’est ce que nous chiffrons avant toute installation photovoltaïque en entreprise.
Existe-t-il des aides régionales B2B ?
Certaines régions soutiennent ponctuellement l’investissement solaire des entreprises (subventions aux études, aides à l’investissement, appels à projets). Ces dispositifs ouvrent et ferment vite et leurs conditions varient fortement : vérifiez systématiquement auprès de votre conseil régional et de Bpifrance en région avant d’inscrire un montant dans votre plan de financement. Ne fondez jamais la rentabilité d’un projet sur une aide régionale non confirmée par écrit.
Comment financer sans investir ? Crédit-bail / leasing solaire
Une entreprise qui ne veut pas mobiliser de capital peut choisir le crédit-bail, avec un loyer sur 7 à 12 ans et la propriété de l’installation à la fin, ou le tiers-investissement et le PPA, où un opérateur installe, exploite et vous vend le kWh ; le coût total est plus élevé qu’en achat direct.
Si vous ne voulez pas mobiliser de CAPEX :
- Crédit-bail : durée 7-12 ans, vous payez un loyer mensuel, vous devenez propriétaire à la fin.
- Tiers-investissement / PPA : un opérateur installe et exploite, vous achetez le kWh.
- Avantage : pas de CAPEX, pas de risque opérationnel.
- Inconvénient : coût total plus élevé qu’en achat direct, engagement long.
→ Notre guide leasing vs achat vs PPA

Comment fonctionne un PPA solaire : montage et fiscalité ?
Le Power Purchase Agreement (PPA) est un contrat d’achat d’électricité solaire entre un producteur (l’opérateur PPA) et un consommateur (vous, l’entreprise).
- Durée : 15-25 ans.
- Prix kWh : fixe ou indexé, généralement 30-50 % moins cher que le tarif réseau.
- Fiscalité : achat de kWh, pas d’investissement, pas d’amortissement.
- Bilan carbone : vous comptez 100 % renouvelable sur la part PPA.
Quels leviers selon la taille de l’entreprise ? Tableau récap
| Profil entreprise | Leviers pertinents en 2026 | Logique économique | |
|---|---|---|---|
| TPE (< 10 salariés) — 30 kWc | Autoconsommation + amortissement + prêt bancaire | ROI ~8-10 ans | |
| PME (50 salariés) — 100 kWc | Autoconsommation + amortissement + Prêt Vert Bpifrance + CEE sur travaux d’efficacité associés | ROI ~8-10 ans | |
| ETI (250 salariés) — 500 kWc | Appel d’offres CRE + amortissement + crédit-bail | Selon dossier | |
| Grand groupe — 1 MWc+ | PPA / leasing | 0 CAPEX, kWh -30 à -50 % |
Quelles aides restent éligibles au photovoltaïque d’entreprise en 2026 ?
En 2026, le photovoltaïque d’entreprise reste soutenu par le tarif d’achat de 1,1 c€/kWh jusqu’à 100 kWc, l’amortissement comptable, les prêts Bpifrance et, pour les grandes installations, les appels d’offres de la CRE ; la prime à l’autoconsommation, la TVA à 5,5 %, les CEE et le Fonds Chaleur ne financent pas les panneaux.
| Dispositif | Finance le photovoltaïque d’entreprise en 2026 ? | Détail |
|---|---|---|
| Prime à l’autoconsommation | Non | Supprimée pour les demandes déposées depuis le 5 juin 2026 |
| Tarif d’achat du surplus ou de la totalité | Oui, jusqu’à 100 kWc | 1,1 c€/kWh sur 20 ans, +2 %/an |
| TVA à 5,5 % | Non | Réservée au résidentiel de 9 kWc ou moins |
| CEE | Non pour les panneaux | Oui pour les travaux d’efficacité associés (LED, PAC, isolation) |
| Fonds Chaleur de l’ADEME | Non | Solaire thermique, biomasse, géothermie uniquement |
| Amortissement comptable | Oui | Généralement sur 20 ans en achat direct |
| Prêt Vert Bpifrance | Oui | Jusqu’à 5 M€ pour les PME et ETI |
| Appels d’offres de la CRE | Oui, grandes installations | Tarif moyen proposé de 96,48 €/MWh pour le photovoltaïque sur bâtiment |
Source : arrêté du 1er juin 2026 (photovoltaique.info, 17 juin 2026) ; page « Taux de TVA » de photovoltaique.info (21 juillet 2026) ; CRE, communiqué du 18 février 2026 sur les appels d’offres PPE2, repris dans nos statistiques du photovoltaïque en France en 2026 ; Bpifrance et ADEME.
FAQ
La prime à l’autoconsommation existe-t-elle encore pour les entreprises ?
Non pour les nouvelles demandes : elle est supprimée depuis le 5 juin 2026. Seuls les contrats demandés avant cette date conservent leur prime et leur tarif historiques.
Le suramortissement est-il en vigueur en 2026 ?
Les dispositifs de suramortissement évoluent avec chaque loi de finances. Vérifiez la version applicable à votre période d’investissement avec votre expert-comptable ; l’amortissement classique, lui, reste acquis.
Les CEE peuvent-ils financer mes panneaux ?
Non. Le photovoltaïque n’est pas éligible aux CEE. Ils peuvent en revanche financer les travaux d’efficacité associés (LED, PAC, isolation), avec un dossier signé avant travaux.
Comment monter un dossier PPA ?
Le PPA est généralement initié par un opérateur dédié : un producteur indépendant d’énergie renouvelable ou la filiale renouvelable d’un grand énergéticien. FreXolaire vous met en relation et structure le dossier en amont.
Une entreprise peut-elle bénéficier de la TVA 5,5 % ?
Non. La TVA 5,5 % concerne uniquement le résidentiel ≤ 9 kWc, sous conditions strictes. Les entreprises restent à 20 % avec autoliquidation possible.
Vous portez un projet photovoltaïque entreprise (toiture, ombrière, hangar) ? Demandez l’audit financier complet — nous identifions les leviers réellement mobilisables, les modèles fiscaux et les financements adaptés à votre situation.
Sources : Bpifrance, ADEME, BOFiP, photovoltaique.info — arrêté tarifaire en vigueur.
Pour aller plus loin
Référence indépendante recommandée : les données de coûts de photovoltaique.info.
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Sources et méthode
Méthode : publié le , mis à jour le . Guide rédigé par Charbel Ephrem, président fondateur d’EoCube SAS (FreXolaire), entreprise certifiée RGE QualiPV par Qualit’EnR (certificat QPV/75983). Base de calcul : production de 1 100 kWh par kWc et par an en Île-de-France (PVGIS 5.2, plein sud, 35°, 14 % de pertes) ; surplus racheté 1,1 c€ le kWh. Ce sont des hypothèses de calcul, pas une promesse : production et économies réelles dépendent de la toiture (orientation, inclinaison, ombrages) et de la consommation du foyer. Une erreur ou un chiffre à actualiser ? Écrivez-nous.
- Bpifrance (bpifrance.fr)
- ADEME (ademe.fr)
- BOFiP (bofip.impots.gouv.fr)
- photovoltaique.info — arrêté tarifaire en vigueur
- les données de coûts de photovoltaique.info



