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Compteur Linky et panneaux solaires : comment ça marche

Compteur Linky : panneaux solaires et contrat, ce que mesure le compteur en vente du surplus, en vente totale ou sans injection (CACSI), et comment suivre sa production en 2026.

Charbel EphremRédigé par Installateur photovoltaïque RGE QualiPV
Mis à jour le 5 min de lecture
Au sommaire · 8 parties
  1. 01Linky : panneaux solaires, pourquoi le compteur est indispensable à une installation raccordée
  2. 02Autoconsommation avec vente du surplus : un seul compteur bidirectionnel
  3. 03Vente totale : pourquoi il faut deux compteurs
  4. 04Autoconsommation sans injection : la convention CACSI avec Enedis
  5. 05Vente de surplus, vente totale ou sans injection : ce que mesure le Linky
  6. 06Suivre sa production au quotidien
  7. 07FAQ
  8. 08Sources et méthode

Linky : panneaux solaires, injection et soutirage, voici ce que mesure le compteur selon votre contrat. Dès qu’une installation photovoltaïque est raccordée au réseau public, elle a besoin d’un compteur communicant pour que les flux d’électricité soient mesurés correctement. En France, ce rôle est tenu par le compteur Linky d’Enedis. Depuis la suppression de la prime à l’autoconsommation le 5 juin 2026 et avec un surplus racheté à seulement 1,1 c€/kWh HT par EDF OA, bien comprendre ce que mesure votre Linky — et comment le lire — devient un réflexe utile pour vérifier que vous êtes payé sur les bonnes quantités.

Linky : panneaux solaires, pourquoi le compteur est indispensable à une installation raccordée

Un compteur électromécanique classique ne sait mesurer qu’un flux d’électricité dans un seul sens : celui qui va du réseau vers le logement. Or une installation solaire raccordée produit de l’électricité qui peut, selon le mode choisi, repartir vers le réseau. Il faut donc un compteur capable de mesurer les deux sens de circulation (le soutirage, c’est-à-dire l’électricité consommée depuis le réseau, et l’injection, c’est-à-dire le surplus renvoyé). C’est précisément ce que permet le compteur Linky, grâce à sa technologie de comptage bidirectionnel.

Si le logement est encore équipé d’un ancien compteur électromécanique, Enedis le remplace par un Linky au moment du raccordement de l’installation solaire, sans frais pour le propriétaire si aucun compteur communicant n’était déjà en place.

Compteur Linky : panneaux solaires et suivi de production
Le compteur Linky mesure l'injection et le soutirage.

Autoconsommation avec vente du surplus : un seul compteur bidirectionnel

C’est le mode le plus répandu chez les particuliers équipés de panneaux solaires résidentiels : l’électricité produite est consommée en priorité sur place, et seul le surplus non consommé est injecté sur le réseau puis racheté par EDF OA. Dans ce cas, un seul compteur Linky suffit. Il tient à jour deux index distincts :

  • L’index de soutirage, qui comptabilise l’électricité tirée du réseau quand la production solaire ne couvre pas la consommation.
  • L’index d’injection, qui comptabilise le surplus renvoyé sur le réseau lorsque la production dépasse les besoins du foyer.

C’est cet index d’injection qui sert de base à la facturation par EDF OA, au tarif réglementé actuellement fixé à 1,1 c€/kWh HT. Le détail de ce mécanisme et son évolution récente sont expliqués dans notre article sur le tarif d’achat EDF OA 2026.

Compteur communicant après la mise en service d'une installation solaire
Après la mise en service.

Vente totale : pourquoi il faut deux compteurs

En vente totale, la totalité de l’électricité produite est injectée sur le réseau et vendue, tandis que le foyer continue d’acheter séparément toute l’électricité qu’il consomme auprès de son fournisseur. Comme ces deux flux ne doivent surtout pas être mélangés dans le calcul, Enedis installe un second compteur, placé juste derrière l’onduleur, dédié exclusivement au relevé de la production injectée. Le premier compteur continue, lui, de mesurer uniquement la consommation du logement comme pour n’importe quel autre foyer.

Ce second compteur est payant et son coût varie selon la configuration du site (longueur de câblage, accessibilité du tableau électrique). Il est préférable de demander un chiffrage précis à Enedis ou à votre installateur avant de choisir ce mode, surtout que, depuis la suppression de la prime à l’autoconsommation, la vente totale n’ouvre plus droit à aucune aide particulière.

Autoconsommation sans injection : la convention CACSI avec Enedis

Il existe un troisième mode, plus rare chez les particuliers mais courant pour certains usages techniques : l’autoconsommation sans injection. Le producteur s’engage formellement à ne renvoyer aucun surplus sur le réseau. Selon photovoltaique.info, cette configuration suppose que la puissance de l’installation reste inférieure ou égale à la puissance souscrite du site, et un onduleur paramétré pour limiter la production injectable.

La démarche passe par une convention d’autoconsommation sans injection (CACSI) déclarée auprès d’Enedis avant la mise en service, sans frais de gestion ni de comptage supplémentaires. Dans ce cas, un compteur électronique existant peut suffire, sans qu’un remplacement soit systématiquement nécessaire. Il faut toutefois garder à l’esprit qu’un bridage par l’onduleur n’est jamais parfaitement instantané : une très faible injection résiduelle reste possible en pratique, même lorsque la convention l’exclut en théorie.

Onduleur Huawei SUN2000 près du compteur Linky
Onduleur et compteur dans le même local.

Vente de surplus, vente totale ou sans injection : ce que mesure le Linky

ModeNombre de compteursCe que mesure le Linky
Vente du surplus1 compteur bidirectionnelSoutirage + injection du surplus
Vente totale2 compteursConsommation d’un côté, production injectée de l’autre
Sans injection (CACSI)1 compteur (souvent déjà en place)Consommation uniquement, injection bridée côté onduleur

Suivre sa production au quotidien

L’écran du Linky affiche les index de consommation et d’injection, mais il reste sommaire pour un suivi fin. L’espace en ligne d’Enedis permet de consulter l’historique des courbes de charge, à condition d’en avoir fait la demande. Pour la plupart des particuliers, le plus pratique reste de croiser ces données avec l’application de monitoring de l’onduleur (Enphase, SolarEdge, Huawei…), qui donne une production en temps réel panneau par panneau. Avant même l’installation, un bon dimensionnement passe par une estimation réaliste de la production attendue : notre page de calcul de production photovoltaïque permet de comparer cette estimation avec les relevés réels une fois l’installation en service.

FAQ

Le compteur Linky est-il gratuit pour une installation solaire ?

Le premier compteur Linky est posé gratuitement par Enedis s’il remplace un ancien compteur électromécanique lors du raccordement. En revanche, le second compteur nécessaire en vente totale est payant, avec un coût qui dépend de la configuration du site.

Puis-je refuser l’installation d’un compteur Linky pour mes panneaux solaires ?

Non : dès qu’une installation est raccordée au réseau public de distribution, un compteur communicant capable de mesurer l’injection est nécessaire pour que le contrat d’achat avec EDF OA ou la convention d’autoconsommation puisse fonctionner. Seule une installation totalement isolée du réseau (hors réseau) permet de s’en passer.

Comment savoir si mon Linky mesure bien l’injection de mes panneaux solaires ?

Sur l’écran du compteur, il suffit de naviguer jusqu’aux index affichés : un index de soutirage et un index d’injection doivent apparaître séparément dès que l’installation est raccordée et activée. Si seul un index de consommation s’affiche, contactez Enedis : le paramétrage du compteur n’a probablement pas été finalisé.

Que vous optiez pour la vente du surplus, la vente totale ou l’autoconsommation sans injection, le choix du mode de raccordement conditionne directement votre compteur et votre facturation. Pour une installation de panneaux solaires bien dimensionnée et raccordée dans les règles, un accompagnement par un installateur RGE reste la meilleure garantie d’un passage Enedis sans mauvaise surprise.

Sources et méthode

Méthode : publié le , mis à jour le . Guide rédigé par , président fondateur d’EoCube SAS (FreXolaire), entreprise certifiée RGE QualiPV par Qualit’EnR (certificat QPV/75983). Base de calcul : surplus racheté 1,1 c€ le kWh. Ce sont des hypothèses de calcul, pas une promesse : production et économies réelles dépendent de la toiture (orientation, inclinaison, ombrages) et de la consommation du foyer. Une erreur ou un chiffre à actualiser ? Écrivez-nous.

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