Depuis la baisse du tarif de rachat du surplus à 1,1 c€/kWh HT et la suppression de la prime à l’autoconsommation le 5 juin 2026, chaque kilowattheure vendu à EDF Obligation d’Achat rapporte très peu comparé à un kWh autoconsommé, qui évite un achat au tarif réglementé d’environ 0,2001 € TTC/kWh depuis le 1er août 2026. Le routeur solaire, aussi appelé routeur d’énergie ou délesteur, répond directement à ce problème : il redirige le surplus de production, plutôt que de le laisser partir sur le réseau pour presque rien. Voici comment il fonctionne, ce qu’il coûte et pour quels foyers il change vraiment la facture.
Qu’est-ce qu’un routeur solaire et comment fonctionne-t-il ?
Un routeur solaire est un boîtier électronique, installé en aval de l’onduleur, qui mesure en temps réel l’énergie produite par les panneaux et l’énergie consommée par le logement. Dès qu’il détecte un surplus — c’est-à-dire une production supérieure à la consommation instantanée — il bascule tout ou partie de cette électricité excédentaire vers un équipement dit « pilotable », au lieu de la laisser être injectée sur le réseau public.
Les équipements les plus couramment routés sont :
- Le ballon d’eau chaude (résistance électrique ou ballon thermodynamique), l’usage le plus répandu car il stocke l’énergie sous forme de chaleur pendant plusieurs heures ;
- Le plancher chauffant électrique ou des radiateurs équipés d’une résistance pilotable ;
- Une borne de recharge de véhicule électrique, via des routeurs compatibles qui modulent l’intensité de charge selon le surplus disponible ;
- Une piscine (pompe de filtration, réchauffeur électrique).
Techniquement, deux familles de routeurs coexistent : le routeur « tout ou rien », qui bascule la totalité du surplus sur un seul circuit dès qu’un seuil est atteint, et le routeur à modulation de puissance (souvent appelé « routeur sinusoïdal »), qui ajuste finement la puissance envoyée pour consommer exactement le surplus disponible, sans jamais puiser sur le réseau. Ce second type, plus coûteux, offre un pilotage plus précis et évite les à-coups sur des charges sensibles comme un ballon thermodynamique.
Routeur solaire ou délestage intégré à l’onduleur : quelle différence ?
De nombreux onduleurs hybrides et certaines box domotiques intègrent déjà une fonction de délestage ou de pilotage de sorties pilotables. La différence avec un routeur dédié tient à trois points :

- Le nombre de circuits pilotés : un routeur autonome gère souvent plusieurs sorties (ballon, plancher chauffant, prise pilotable) alors que le délestage intégré à l’onduleur se limite fréquemment à une ou deux sorties relais ;
- La finesse de régulation : les routeurs sinusoïdaux dédiés ajustent la puissance en continu, tandis que certains onduleurs se contentent d’un simple tout-ou-rien ;
- La compatibilité multi-marques : un routeur solaire indépendant peut généralement se greffer sur n’importe quelle installation existante, y compris une installation déjà posée depuis plusieurs années, sans changer l’onduleur.
Pour une installation neuve, il est utile de comparer les deux approches avant de signer le devis, car un onduleur hybride avec délestage intégré peut suffire pour un usage simple (un seul ballon d’eau chaude), quand une maison avec plusieurs usages pilotables justifie plutôt un routeur dédié plus flexible.
Combien coûte un routeur solaire et quelle rentabilité en 2026 ?
Les prix constatés pour un routeur solaire posé par un professionnel s’échelonnent, selon la technologie et le nombre de sorties pilotées :
| Type de routeur | Sorties pilotées | Prix TTC posé |
|---|---|---|
| Routeur tout-ou-rien, entrée de gamme | 1 sortie | 250 à 500 € |
| Routeur sinusoïdal à modulation | 1 à 2 sorties | 500 à 900 € |
| Routeur multi-sorties avec suivi connecté | 2 à 4 sorties | 800 à 1 400 € |
La rentabilité dépend directement de l’écart entre le tarif de rachat du surplus et le tarif réglementé de vente. Avec un rachat unifié à 1,1 c€/kWh HT depuis juin 2026 et un TRV autour de 0,2001 € TTC/kWh depuis le 1er août 2026, chaque kWh détourné du réseau vers un ballon d’eau chaude plutôt que vendu représente un gain net proche de 18 à 19 centimes par kWh. Pour un foyer francilien équipé d’une installation de 6 kWc, il n’est pas rare de détourner 800 à 1 500 kWh de surplus annuel vers l’eau chaude sanitaire, soit un gain de l’ordre de 150 à 280 € par an — de quoi amortir un routeur d’entrée ou de milieu de gamme en deux à quatre ans.
Pour estimer précisément le volume de surplus mobilisable selon votre puissance installée et votre profil de consommation, l’outil de calcul de production photovoltaïque permet de comparer la part autoconsommée et la part injectée avant d’investir dans un routeur.
Pour qui le routeur solaire est-il vraiment intéressant ?
Le routeur solaire n’a pas le même intérêt pour tous les profils :
- Foyers avec un ballon d’eau chaude électrique classique ou thermodynamique : c’est le cas d’usage le plus rentable, car la chauffe de l’eau représente un poste de consommation important et facilement déplaçable dans la journée, au moment de la production solaire ;
- Résidences secondaires ou logements peu occupés en journée : la consommation instantanée étant faible pendant les heures de forte production, une part importante de l’énergie serait sinon injectée au tarif de rachat très bas ;
- Foyers ayant déjà investi dans une batterie physique ou virtuelle : le routeur reste complémentaire, car il valorise le surplus résiduel une fois la batterie chargée, sans concurrencer le stockage électrique proprement dit ;
- Installations sans usage pilotable évident (petit logement sans ballon électrique, chauffage au gaz) : l’intérêt du routeur diminue fortement, faute de charge à alimenter pendant les heures ensoleillées.
Le routeur solaire n’est pas une alternative à une batterie : il ne stocke pas l’électricité sous forme électrochimique réutilisable le soir, il la convertit en chaleur ou en un autre usage immédiat. Notre article sur le ballon thermodynamique couplé au photovoltaïque détaille précisément comment ce combo permet de valoriser le surplus solaire sous forme d’eau chaude sanitaire, l’un des usages les plus rentables du routage.
Installation et compatibilité : ce qu’il faut vérifier
Avant d’ajouter un routeur solaire à une installation existante ou neuve, quelques points techniques méritent d’être vérifiés avec l’installateur :
- La compatibilité avec l’onduleur : la plupart des routeurs communiquent avec l’onduleur via un capteur de courant (pince ampèremétrique) posé sur le tableau électrique, ce qui les rend compatibles avec la quasi-totalité des onduleurs du marché, y compris sur une installation posée il y a plusieurs années ;
- La puissance de la résistance pilotée : un ballon d’eau chaude de 2 à 3 kW nécessite un routeur capable de moduler une puissance au moins équivalente à la puissance crête de l’installation ;
- Le raccordement électrique : l’ajout d’un routeur implique une intervention sur le tableau électrique, à réaliser par un professionnel qualifié pour rester couvert par la garantie décennale de l’installation ;
- Le suivi de production : certains routeurs proposent une application de suivi qui affiche en temps réel la part autoconsommée, la part routée et la part injectée, un complément utile au monitoring déjà fourni par l’onduleur.
Pour un projet résidentiel neuf, il est plus simple d’intégrer le routeur solaire dès le dimensionnement initial de l’installation plutôt que de l’ajouter après coup : voir les solutions résidentielles pour particuliers proposées par des équipes certifiées RGE QualiPV, seules habilitées à faire bénéficier le projet de la TVA à 5,5 % sur la partie photovoltaïque.
Le matériel que nous posons en 2026
Pour les projets résidentiels, nous installons des modules TOPCon bi-verre comme le Jinko Tiger Neo tout noir (discret sur les toitures visibles) ou le DMEGC Infinity RT 460 Wp bifacial pour les toitures dégagées, avec un onduleur hybride Huawei SUN2000 qui accepte une batterie ultérieure. Les références et leurs fiches techniques sont dans la boutique FreXolaire.
FAQ
Un routeur solaire est-il compatible avec une installation déjà posée ?
Oui, dans la grande majorité des cas. Le routeur se raccorde via une pince ampèremétrique sur le tableau électrique et fonctionne indépendamment de la marque de l’onduleur, ce qui permet de l’ajouter à une installation existante sans la modifier en profondeur.
Le routeur solaire donne-t-il droit à une aide financière ?
Non. MaPrimeRénov’, les certificats d’économie d’énergie (CEE) et l’éco-PTZ ne financent pas les équipements de pilotage du photovoltaïque, réservés aux travaux de rénovation énergétique thermique. Le routeur solaire s’amortit uniquement par les économies qu’il génère sur la facture d’électricité.
Faut-il un routeur solaire si l’on a déjà une batterie virtuelle ou physique ?
Le routeur reste utile en complément : il valorise le surplus qui subsiste une fois la batterie pleine, en le redirigeant vers un usage thermique plutôt que de l’injecter au tarif de rachat de 1,1 c€/kWh. Les deux dispositifs répondent à des besoins différents et se combinent sans conflit technique.
Sources : https://www.photovoltaique.info/fr/ (Hespul) · Tarifs et autoconsommation. Informations vérifiées le 6 septembre 2026.
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